La fabrication des disques vinyles consiste en plusieurs étapes distinctes : la gravure ou cutting, la galvanisation puis le pressage. Chacune répond à un processus précis et complexe, le vinyle étant un support particulièrement contraignant.
Le procédé du disque est simple, il s’agit d’un sillon – et seulement un – qui parcourt le disque de l’extérieur vers l’intérieur. Ce sillon est gravé dans la galette et forme un canal en “V” qui va produire un signal analogique. Les versants droits et gauches du canal correspondent au panoramique de la musique. Ce signal provenant du sillon est transmis par vibration verticale et latérale à la tête de lecture également appelée cellule, équipée d’un petit saphir ou d’un diamant pour lire le sillon. Le signal analogique est transformé électriquement par l’amplificateur qui, ensuite transmet le son directement aux enceintes.
Le procédé de pressage sur PVC né dans les années 50 a permis l’expansion du disque avec l’apparition des formats 33 et 45 tours. Celui ci assure un rendement de production à hauteur de la demande mondiale. La duplication se modernise et les machines de pressage produisent de grandes quantités en peu de temps, grâce à la méthode gravure-galvanoplastie-pressage. Au début des années 90 c’est l’arrivée de nouvelles machines, produisant des disques à l’unité en reprenant les méthodes du dubplate, mais sur matières PVC pour assurer une solidité du disque similaire aux disques pressés industriellement.
Le Mastering
Le Mastering est la première étape de la fabrication des disques vinyles. Les fichiers numériques sont transformés en fichiers analogiques selon un procédé lors duquel chaque sonorité doit être retravaillée : les aigus sont renforcés pour éviter leur dissolution et les graves sont maîtrisés pour réduire leur effet stéréo. Ce processus complexe, qui se doit de respecter chaque sonorité, est réalisé par des ingénieurs du son, selon la courbe RIAA (Recording Industry Association of America) ; elle opère comme une norme qui établit et corrige les variations d’amplitudes afin de standardiser le processus.




La Gravure ou Cutting
Il s’agit de la gravure du signal audio par microsillons sur une matrice qui peut être en acétate ou en cuivre. Cette étape permet également de décider de la vitesse de lecture du Disque Vinyle : en 33 tours ou en 45 tours.
Il existe deux méthodes de gravure d’un disque vinyle : la méthode traditionnelle sur laque et la méthode DMM.
La méthode DMM (Direct Metal Mastering) est plus rapide et économique que la méthode traditionnelle. Plus récente, elle est aussi moins fragile car les matrices sont réalisées à partir d’un disque en cuivre. La gravure se fait à l’aide d’un stylet chauffant muni d’un burin en diamant qui trace un sillon hélicoïdal. Cette méthode moderne déplaît à certains puristes qui apprécient moins le son qu’elle produit, le jugeant trop froid et dur.
La méthode traditionnelle sur laque est réalisée sur une matrice en alu préalablement recouverte d’une fine couche de laque cellulosique. Un stylet chauffant trace les microsillons sur l’épaisseur de laque. L’inconvénient de la méthode traditionnelle réside dans la fragilité de la laque. Plusieurs vinyles sont nécessaires pour obtenir la qualité souhaitée, il s’agit des test-pressing. Ce procédé est plus long et coûteux.

Une fois la gravure réalisée, chaque sillon est vérifié au microscope afin de s’assurer qu’il n’en touche pas un autre. Un poinçon permet ensuite d’apposer sur le disque la signature de l’ingénieur, ses initiales ou une annotation. Cette même inscription sera répétée sur toutes les copies du vinyle.
La galvanisation
La Galvanisation, encore appelée Electrolyse ou MetalWork, est l’étape suivante. Elle permet la réalisation des matrices en vue du pressage. Il s’agit d’un procédé chimique et métallique qui consiste à transformer le disque en empreinte, ou Stamper, à l’aide d’un bain électrolyse (à courant continu).
La méthode DMM permet de réduire cette étape de galvanisation puisque les matrices sont réalisées à partir du master en cuivre.

En revanche, pour la méthode traditionnelle à laque, on réalise deux bains pour préparer le stamper. La laque est au préalable pulvérisée d’argent, avant d’être plongée pendant plusieurs heures dans un bain de nickel dont le but est de la solidifier sous l’effet de l’électrolyse, afin qu’elle prenne l’empreinte de la gravure. Ce premier bain permet de réaliser la matrice dite « Père », constituée de sillons en creux, le négatif de l’empreinte issue de la gravure. Le second bain est réalisé à partir du négatif « Père » afin de créer la matrice « Mère », selon un procédé similaire. Cette dernière sera conservée et/ou utilisée afin de confectionner des jeux de stampers. Un jeu de stampers permet de réaliser en moyenne entre 1 000 à 1 500 vinyles.
Enfin, la dernière étape de la galvanisation consiste à percer le disque en son centre puis de retirer le surplus de matière afin de calibrer son diamètre à celui de la machine de pressage.
Le pressage constitue la dernière étape de fabrication des disques vinyles.

Le pressage constitue la dernière étape de fabrication des disques vinyles. Les empreintes, ou stampers, face A et face B, sont disposés sur les mâchoires de la presse. Selon le poids du vinyle (standard ou heavy, le très recherché « 180gr »), on ajoute une certaine quantité de polychlorure de vinyle chauffée afin de rendre le disque plus malléable pour le pressage.
D’ordre général, les 50 premiers vinyles sur un tirage de 300 ne sont pas conservées, en raison de leur manque de qualité sonore. Il est fort probable qu’avec les tensions fortes sur le marché du vinyle ce chiffre de 50 soit en réalité inférieur.

Petit documentaire très bien expliqué sur la fabrication du vinyle.

